La confrérie de jardiniers Saint-Fiacre


Les origines

La Confrérie de jardiniers Saint-Fiacre, patron des jardiniers de la ville et des environs de Strasbourg, a été créée au milieu du XVIIIe siècle en l’église Saint-André des Révérends Pères Récollets (anciennement située au Nord-Est de la cathédrale de Strasbourg, rue de l’Arc-en-Ciel, et détruite pendant la Révolution de 1793). Son fondateur, Monsieur Jean Plumeré, était originaire de Dijon où saint Fiacre est honoré depuis le XVIIe siècle, et jardinier du premier magistrat de la ville de Strasbourg.

Le 28 mai 1752 les jardiniers catholiques de Strasbourg obtiennent de l’évêque de Strasbourg, Mgr d’Uranopole, l’autorisation de créer une association de jardiniers sous la protection de saint Fiacre. Le 30 août 1752 est célébrée la première fête patronale en l’église des Révérends Pères Récollets. Le 2 avril 1753 une bulle papale autorise la création de la confraternité. Le 2 décembre 1753 le traité entre les Révérends Pères Récollets et les Maîtres Jardiniers Catholiques fixant les statuts de la confrérie est signé.
En 1793, pendant la Révolution, l’église des R.P. Récollets est détruite et les activités de la confrérie temporairement interrompues.



La construction, en 1859, de l’église Saint-Louis de la Robertsau, quartier maraîcher par excellence, permet à la fête patronale de la Saint-Fiacre de trouver sa vraie place à dater de 1867. Le rituel est toujours le même : le matin de la fête, les membres de la confrérie se retrouvent au domicile du jardinier où ont été confectionnées les civières d’offrandes. Puis le cortège prend le chemin de l’église : en tête la bannière de la confrérie, puis vient la civière du saint, celle du pain à bénir, ensuite les enfants des sociétaires, les demoiselles d’honneur et quetteuses, et pour finir les sociétaires qui ferment la marche.

À la fin de la guerre franco-allemande de 1870 et de l’annexion de l’Alsace par l’Allemagne, l’organisation de la manifestation connut quelques difficultés. Il n’y eut pas de fête en 1870 et en 1872 et les autorités allemandes interdirent le cortège jusqu’en 1894. À partir de cette date, le cortège démarrait de l’Orangerie. Des civières richement décorées de fruits et de légumes s’ajoutèrent à celle du pain à bénir et à celle qui portait la statue du saint patron. Le grand cortège se déroulait ensuite avec faste jusqu’à l’église Saint-Louis de la Robertsau. Après la célébration et la bénédiction des offrandes, les participants se rendaient en général au restaurant «Au Tilleul» (Zur Linde) où avaient lieu des réjouissances plus profanes, avec musique, danse et tombolas de légumes. Ce restaurant était situé à côté de l’Orangerie, à proximité du canal de la Marne au Rhin, et fut démantelé en 1961. En un siècle, la confrérie de jardiniers Saint-Fiacre passe ainsi d’une vocation purement religieuse et corporative à une vocation plus profane, avec musique, bal et tombola, pour revenir, au cours du XXe siècle à un esprit plus religieux et familial.