L’église Saint-Louis de la Robertsau



Dimension de l’église actuelle : 62 m de long, 20 m de large. Cette église remplaçait une église « simultanée » (simultaneum introduit en 1685) située à l’emplacement de l’actuelle église protestante.

Le chanoine Gilbert MULLER (curé de 1851 à 1892), constructeur de la nouvelle église :


Le chanoine Antoine Gilbert MULLER commença en 1851 un long ministère de 41 ans. Un prêtre bon, pieux et infatigable. Il connaissait tous ses paroissiens qu’il visitait régulièrement. La construction de l’église était sa tâche la plus urgente.
Pendant des années il faisait toutes les semaines jusqu’à quatre fois la route longue et pénible du presbytère aux bureaux des administrations. La construction relativement rapide de notre église est due pour une grande part à sa persévérance.

Pose de la première pierre :

C’est le dimanche 28 juin 1857 à quatre heures de l’après-midi que Monseigneur A. RAESS, évêque de Strasbourg, put en bénir la première pierre. À partir de la Porte des Pêcheurs - « Gallia » où commençait La Robertsau - la route qu’a prit le prélat était abondamment ornée de drapeaux et de guirlandes. Devant l’ancienne église, le curé de Saint-Louis de la Robertsau : le chanoine Gilbert MULLER, entouré de plusieurs prêtres, salua son évêque qui, revêtu des ornements pontificaux, se rendit en procession sur le chantier. Devant une grande croix en bois dressée à l’emplacement du futur maître-autel, la première pierre de la nouvelle église à construire fut bénie. Après la cérémonie, Monseigneur RAESS s’adressa aux nombreux fidèles, parmi lesquels il put saluer le préfet du Bas-Rhin MIGNERET, le maire COULAUX et son adjoint LIPPMANN, le Général REIBELL, commandant la division militaire de Strasbourg et l’architecte Jean-Geoffroy CONRATH. Parmi les ecclésiastiques citons les deux vicaires généraux SCHIR et RAPP. Presque tous les curés des paroisses voisines avaient tenu à se joindre à leurs confrères de la Robertsau : le curé Gilbert MULLER et son vicaire Maurice HANSMAENNEL. La construction de l’église devait durer deux ans.

Consécration de l’église :


Construite par la Ville de Strasbourg (son blason figure au-dessus du portail principal), elle a été consacrée le 21 août 1859 par Monseigneur A. RAESS, évêque de Strasbourg, ce bâtiment en pierres est devenu la demeure du Christ parmi les siens. Des fleurs, des guirlandes, des drapeaux partout. Des arcs de triomphe sont dressés en maints endroits.

Dès six heures du matin, une foule énorme attendait dans l’allée qui conduisait du presbytère à l’église. Monseigneur RAESS commença la cérémonie à sept heures, assisté de ses deux vicaires généraux. À neuf heures, les fidèles purent enfin entrer dans leur église, consacrée à jamais au culte du Très-Haut. Pendant la messe pontificale, la quête fut faite par Madame REIBELL, accompagnée du Général BADBEDAT. L’abbé AHLFELD, curé de Saint-Pierre-le-Vieux, prononça l’homélie de circonstance.

Après la cérémonie, les notabilités invitées : Monseigneur l’Evêque de Strasbourg, Monsieur le Préfet du Bas-Rhin, Monsieur le maire de Strasbourg et son adjoint et le Général BADBEDAT, remplaçant le Général REIBELL, se retrouvèrent au presbytère avec le curé Gilbert MULLER.

Première fête de Saint-Fiacre :


En 1867 la fête de la Saint-Fiacre (patron secondaire de la paroisse) fut célébrée pour la première fois dans notre église, fête qui depuis, attire par sa somptuosité beaucoup de visiteurs chaque année, parmi eux bon nombre d’étrangers. La confrérie de jardiniers Saint-Fiacre a été fondée en 1752 et a fêté son 250e anniversaire en 2002.

La visite canonique de l’année 1863 mentionne trois autels : avec le maître-autel ceux de la Sainte Vierge et de saint Joseph ; ce dernier fut proclamé, le 20 mai 1882, autel privilégié pour les défunts, par le Pape Léon XIII. La visite canonique du 8 avril 1897 mentionna deux nouveaux autels, dédiés au Sacré-Cœur de Jésus et à saint Louis de Gonzague. Le 11 mai 1897 la paroisse fut érigée en cure de première classe. En décembre 1901 l’éclairage de l’église fut amélioré par l’achat de 15 lampes à pétrole. En 1903, des grillages en fer forgé furent posés des deux côtés de l’église. Ils sont l’œuvre de Monsieur STOEFFLER, serrurier de la Robertsau. Une partie des grillages fut enlevée au début des années 1950 parce qu’elle entravait la circulation dans la rue Auguste Kern. La croix qui se trouve à côté de l’église fut restaurée ; érigée en 1821 devant l’ancienne église elle remplaça la croix détruite pendant la Révolution.

Le 1er mai 1892. À l’âge de 85 ans, le curé Gilbert MULLER décède. Il fut un pasteur zélé et actif, qui ne reculait devant aucun obstacle lorsqu’il s’agissait de l’honneur de Dieu ou du bien de ses paroissiens. L’évêque de Strasbourg, en reconnaissance de ses mérites, l’avait nommé chanoine honoraire de la cathédrale de Strasbourg. Il restera dans l’histoire « le grand curé de la Robertsau ».


L’abbé Ignace HASSENFRATZ (curé de 1892 à 1908) :

L’abbé Ignace HASSENFRATZ continua l’œuvre de son prédécesseur. En décembre 1894 il installa deux sœurs gardes-malades de la congrégation de Niederbronn. La construction de la maison des Sœurs fut financée par une quête extraordinaire qui couvrit presque la moitié des dettes ; des quêtes mensuelles liquidèrent peu à peu le reste. L’abbé HASSENFRATZ aimait le faste pour les fêtes religieuses auxquelles il invitait un grand nombre de confrères. Vers la fin de sa vie, il était presque toujours malade ; il mourut le 26 décembre 1908 à l’âge de 70 ans. C’était un prêtre digne et respecté de tous. On lui doit le crucifix qui se trouve dans le chœur.


Le chanoine Charles MULLER (curé de 1909 à1942) :

Le 7 mars 1909, l’abbé Charles MULLER prit la succession du curé Ignace HASSENFRATZ avec une certaine appréhension. La construction de la Maison des Œuvres posa de graves problèmes au nouveau curé et lui causa beaucoup de soucis. Avec énergie et fermeté il se mit à l’œuvre. En juillet 1909, l’éclairage au pétrole fut remplacé par l’électricité et la soufflerie de l’orgue reçut un moteur électrique.. En octobre 1909, le chauffage de l’église qui ne donnait aucune satisfaction fut réparé ; un deuxième calorifère fut installé, avec pour résultat qu’on transpirait à la tribune et que les tuyaux d’orgue se dilataient, tandis qu’en bas, dans la nef, on grelottait de froid ! Dans les bas-côtés, deux petits autels dédiés à Notre-Dame du Perpétuel Secours et à saint Antoine furent ajoutés aux cinq déjà existants.

Maison des Œuvres et aménagement de l’église :


Le dimanche des Rameaux 1911, la première réunion eut lieu à la Maison des Œuvres, lors de la grande mission prêchée par les Pères Rédemptoristes (les Pères Oblats de Marie prêchèrent la mission de 1901, les Pères franciscains celle de 1921, les Pères Rédemptoristes celle de 1931). Les œuvres prirent un bel essor. Malheureusement, la première guerre mondiale interrompit ces belles promesses. Notre paroisse ne fut pas épargnée : combien de nos frères ne devaient plus rentrer et trouvèrent leur sépulture loin de la Robertsau ! Notre église perdit quatre de ses cloches ainsi que les tuyaux d’orgue en étain.


La guerre de 14-18 terminée, il s’agissait de réparer ces dommages. Le 20 février 1921 déjà, Monseigneur RUCH, le nouvel évêque de Strasbourg, put bénir quatre nouvelles cloches qui prirent la place de leurs sœurs victimes de la guerre. L’orgue fut réparé et la balustrade de la tribune fut aménagée.
Le baptistère, déjà orné d’un beau crucifix sculpté en bois de chêne, souvenir du curé Ignace HASSENFRATZ, reçut une belle peinture murale des mains de l’artiste EHRISMANN.

Les trois fresques du chœur (aujourd’hui recouvertes d’un revêtement en grès rose) furent exécutées en 1934 par Messieurs L. SIMON de Paris et J. HURSTEL, robertsauvien d’alors, lors du 25e anniversaire du chanoine Charles MULLER comme curé de la paroisse. À la même occasion, les autres peintures murales de l’église furent restaurées ; elles datent du temps du curé Ignace HASSENFRATZ et furent exécutées par François Xavier CRANTZ .





En 1936, Monsieur le chanoine MULLER dut subir une grave opération. Cependant, en 1937, il put célébrer au milieu de l’allégresse générale ses noces d’or sacerdotales.




La deuxième guerre mondiale :

Malgré son état de santé très précaire Le chanoine Charles MULLER suivit sa paroisse en Dordogne lors de l’évacuation de la ville de Strasbourg. Et après le retour, les épreuves ne lui manquèrent pas. Pendant l’annexion allemande, l’église et le presbytère, propriétés municipales, restaient encore à la disposition de la paroisse. Mais toutes les réparations, ainsi que les taxes et les impôts, etc. sont à la charge de celle-ci. Les édifices devaient être tenus dans un état propre et « digne » : tout droit d’utilisation pouvait être retiré à la paroisse d’un moment à l’autre si ce n’était pas respecté. Seul le curé était tenu pour responsable désormais vis-à-vis de l’autorité civile, la qualité d’association de droit public étant retirée au conseil de fabrique.

La veille du dimanche des Rameaux 1942, le chanoine Charles MULLER déjà souffrant, passa des heures dans le confessionnal, dans une église glaciale. Il prit froid et succomba à ce refroidissement le 9 avril 1942 à l’âge de 78 ans. Il voulut reposer au milieu de ses paroissiens au cimetière Saint-Louis, dans la tombe de son prédécesseur le curé Ignace HASSENFRATZ, à côté des curés Auguste KERN et Gilbert MULLER. Son enterrement, grandiose dans la simplicité imposée par les circonstances, prouva que le défunt tenait une grande place dans le cœur de ses paroissiens.


L’abbé Joseph SIFFER (curé de 1942 à 1962) :

Les graves problèmes de l’après-guerre attendaient le nouveau curé Joseph SIFFER qui fut installé le 26 juillet 1942, jour de sa messe d’argent.

Après l’occupation, tout était à refaire. Les organisations paroissiales n’existaient pratiquement plus. Le bombardement de janvier 1945 endommagea gravement la façade de l’église.

Chapelle Sainte-Anne et église Sainte-Bernadette :

Notre faubourg ne cessant de s’accroître, surtout au nord et à l’ouest (Cité Fleckenstein et Cité de l’Ill), un deuxième lieu de culte et une nouvelle église s’imposèrent. Mais comment, et où construire ? On se décida pour une chapelle provisoire. Dans la cour de la clinique Sainte-Anne se trouvait une baraque qui, grâce à la charité des sœurs, put être aménagée, avec l’aide de quelques braves hommes du quartier, en chapelle auxiliaire. Le curé Joseph SIFFER lui-même n’hésita pas à mettre la main à la pâte. Cette pauvre chapelle fut démontée en 1958 pour faire place à une nouvelle chapelle « en dur » construite par la clinique et qui aura un caractère semi-public. Mais pour donner la possibilité d’assister à la sainte messe aux habitants de la nouvelle cité de l’Ill, la baraque fut à nouveau montée à côté du terrain, prévu pour la construction de la nouvelle église et inaugurée le 26 avril 1959. La construction de l’église Sainte-Bernadette posa quelques problèmes au curé Joseph SIFFER, chanoine honoraire de Strasbourg depuis 1958.

En 1953, un nouveau système de chauffage fut installé. Les maisons MAECHLING & FRANK, pour les travaux de maçonnerie, et STENGER pour l’installation - toutes deux de la Robertsau - exécutèrent cette œuvre qui donna pleine satisfaction. Les frais se chiffraient à presque 4 300 000 Francs (y compris l’horlogerie pour la régulation thermique).


La Ville de Strasbourg y participa pour une grande part. le reste fut soldé par des quêtes extraordinaires et des dons privés.
L’installation des haut-parleurs et de la belle table de communion en chêne sculpté est due à l’initiative du curé Joseph SIFFER.
En 1961, l’église se dota d’un nouveau plancher et d’un dallage.


L’abbé Jean REIBEL (curé de 1966 à 1996) :

De 1966 à 1973 l’église fut entièrement rénovée : modernisation du chauffage (1966) et réalisation d’une chapelle de semaine (1969).


Le mobilier ancien est supprimé : le maître-autel et les 6 autels latéraux. Un nouvel autel majeur réalisé avec des éléments de l’ancien banc de communion est mis en place. Un nouvel éclairage est installé et les peintures murales du chœur sont recouvertes de grès rose. Les fonds baptismaux sont déplacés au fond du chœur.




Le tabernacle, réalisé par Gérard MULLER, est au centre d’une croisée asymétrique ; il est en laiton émaillé et repoussé.


Les travaux ont été menés par l’atelier BELLICAM : l’abbé Jean REIBEL étant curé de la paroisse et André ZIMMERMANN président du conseil de fabrique.



Le chanoine François GEISSLER (curé de 1996 à 2002) :

En 1998, suite à des émanations de CO2 constatées dans l’église, une nouvelle chaudière est installée par la Ville de Strasbourg.




De l’été 2000 au printemps 2002, une grande opération de sécurisation et de mise en conformité est réalisée. La Ville de Strasbourg et le conseil de fabrique de l’église y prennent chacune une part.





Ces rénovations ont porté sur : la charpente et la toiture de l’église, l’électricité, l’éclairage, les murs et les voûtes (nettoyage, peinture), le revêtement de sol, la chapelle de semaine (réalisation d’une sortie de secours, réaménagement et rénovation), les vitraux (nettoyage extérieur et intérieur, restauration), le remplacement des fenêtres, la restauration des peintures murales et des statues.




Ci-contre : l’architecte : Bernard ZIMMERMANN,
Monique BANNWARTH
et le président du conseil de fabrique d’alors: Jean-Marie GRASSER.





L’abbé Michel WACKENHEIM (curé depuis 2002).









La sacristie


Elle présente (sur le meuble principal) une galerie des apôtres, réalisée un 1898, et, datant de 1903, des paysages ou monuments bibliques ; ces gravures émaillées sont l’œuvre de François Xavier CRANTZ.


Deux vitraux représentent d’une part saint Ignace de Loyola (lien avec la Maison des Jésuites, actuel Centre culturel Saint-Thomas) et d’autre part le chanoine Gilbert MULLER (curé de 1852 à 1892) et constructeur de l’église Saint-Louis.



Les peintures du transept

Elles représentent des scènes de la vie de saint Louis, roi de France.




Elles ont été réalisées par la Maison HASS de Bernardsviller et ont été restaurées en 2002 par Noëlle JEANNETTE et son équipe.